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Aimer, c'est tout donner du Père Fabre
Père Fabre © dr

Aimer, c'est tout donner du Père Fabre

Comme époux, nous connaissons nos difficultés à aimer nos épouses comme il convient. Peut-être l’égoïsme imprime-t'il nos cœurs ? Peut-être avons-nous perdu la joie des premiers temps? Peut-être l’agacement abime-t-il la relation ? Peut-être notre médiocrité nous désespère-t-elle? Peut-être un secret bloque-t-il la confiance? Peut-être le désaccord envenimet-il le dialogue ? Peut-être la maladie nous a-t-elle placée sur deux routes divergentes ? Peut-être envisageons-nous l’avenir commun sans enthousiasme ? Peut-être même la séparation a-telle déjà fait son œuvre ? Combien de fois avons-nous rêver d’être de meilleurs maris ? Ou même d’avoir une meilleure épouse ? Nous arrivons à cette marche Saint Joseph avec les poids et les âpretés de notre vie conjugale. Le plus lourd peut-être, c’est notre conviction que rien ne pourra changer. Nous connaissons trop bien, pour en avoir fait tant de fois l’expérience, la vanité de nos résolutions. Il nous est bon de comprendre que ce n’est pas en nous regardant nous-mêmes que nous allons grandir dans l’amour. Ce n’est pas une guérison psychologique ou une transformation miraculeuse que nous demandons.
Chers frères dans le Christ, je voudrais vous redire avec Saint François de Sales : « Pars d’où tu es sinon tu n’arriveras nulle part ». Cette maxime rejoint en profondeur l’attitude de Jésus face à la Samaritaine, que nous méditons en ce jour. Jésus vient nous rejoindre aujourd’hui là où nous en sommes : « si tu savais le don de Dieu… » Il vient nous redire qu’il ne faut pas attendre d’être des parfaits pour commencer à donner. Nous pouvons ici, humblement mais authentiquement, renouveler l’engagement de notre mariage. « Je te reçois et je me donne à toi… » Il nous est proposé de reprendre humblement le don de nousmême dans un chemin centrifuge. Ne plus capter mais offrir, s’offrir. Aimer dans les petites choses de la vie ordinaire, retrouver la joie de mettre de l’amour dans les gestes les plus quotidiens. Accepter de renoncer petit à petit à nous même, à nos conceptions, au conjoint idéal… Nous allons nous prosterner devant la sainte Couronne de Jésus, le signe de cet amour qui se donne sans s’afficher. Retournons à la source sacramentelle de notre amour conjugal, pour recommencer, dès ce soir, à donner, à nous donner. Tout simplement, avec ce que nous sommes. Père Jean-Philippe Fabre

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